En FRANCE l’endettement des entreprises devient problématique.

Le Haut Conseil de stabilité financière autour du ministre de l’économie et des finances s’alarme du niveau d’endettement des entreprises françaises. Celui-ci dépasse les 72% du PIB (Produit intérieur brut). Ce n’est pas le cas dans les autres pays européens et le régulateur veut inciter les banques à réduire leur exposition à la dette des grandes entreprises à un maximum de 5% de leurs fonds propres. Pour le FMI, une dette au delà d’un niveau de 65% du PIB, augmente considérablement les risques de krach…

Quelle est la dette soutenable pour une entreprise?

Pour analyser la dette financière d’une entreprise les analystes regardent deux éléments : le niveau d’endettement et la capacité de remboursement. Autrement dit la dette n’entraîne -t-elle pas trop de risque financier pour l’entreprise et celle-ci est-elle capable de la rembourser.

Le niveau d’endettement.

Ce niveau se mesure par rapport à l’ensemble des ressources financières de l’entreprise qui peuvent provenir des actionnaires (capitaux propres), de la dette financières (emprunts auprès des banques et des marchés financiers) et de l’activité (exploitation : notamment les dettes fournisseurs, les avances des clients et les dettes fiscales et sociales). Le ratio concerné est le gearing calculé entre les dettes financières et les capitaux propres. Ce ratio est proche de zéro lorsque l’entreprise est peu ou pas endettée, et ne doit pas dépasser un certain seuil sous peine de voir les banquiers ou les investisseurs s’alarmer du niveau de la dette. On considère qu’un ratio inférieur à 1 ou 100% est tout à fait raisonnable et qu’en tout cas il ne doit pas dépasser 2,5 ou 250% pour que la dette soit supportable. Néanmoins lors des opérations de transmission ou de rachat avec effet de levier (LBO Leverage Buy Out), celui-ci peut atteindre 4 ou 400%, l’entreprise doit alors avoir alors pour objectif immédiat de réduire au plus vite  cette dette et revenir dans les limites acceptables.

Bien entendu selon l’intensité capitalistique (besoin de capitaux pour réaliser le chiffre d’ affaires) le niveau de la dette sera plus ou moins important et supportable. Naturellement les entreprises ayant d’importantes immobilisations seront plus endettées que les autres.

La capacité de remboursement.

Une dette financière se doit d’être remboursée en fonction des échéances en capital liées à la durée initiale de l’emprunt. Il faut pour cela avoir la trésorerie (l’argent ) nécessaire. Chaque année l’entreprise vend son chiffre d’affaires mais dépense ses charges et lorsqu’elle a tout encaissé et tout payé il ne lui reste finalement  que ce qu’on appelle le cash flow constitué du résultat net (bénéfice ou perte ) auquel on ajoute la dotation aux amortissement qui est une charge calculée (mais non payée) et qui fait le lien entre la vie réelle où l’on paye les investissements à l’acquisition et la vie comptable qui les constate et les étale chaque année en fonction de leur utilisation.

Idéal : Dettes financières /capitaux propres inférieur à 100%. Limite ratio inférieur à 250%.

Le ratio concerné prendra donc en compte la dette financière nette et les cash flow annuels qui permettront de la rembourser. Malheureusement les cash flow ne sont pas consacrés uniquement au remboursement de la dette, ils doivent aussi permettre de verser les dividendes aux actionnaires et d’autofinancer les investissements courants pour remplacer les immobilisations obsolètes ou usagées.

On considère ainsi que le ratio dettes financières / cash flow ne doit pas dépasser un niveau de 4 pour permettre le remboursement régulier de la dette. Au delà l’entreprise ne sera pas capable d’assumer régulièrement les échéances en capital de sa dette et devra sans doute se réendetter pour rembourser.

Un autre ratio est aussi souvent utilisé c’est le ratio Dettes financières / EBITDA. Il faut rappeler que l’EBITDA (Earning Before Interest Depreciation and Amotization) est le résultat de l’exploitation après toutes les charges sauf le coût annualisé des investissements (la dotation aux amortissements). Il est équivalent au CASH Flow mais avant impôt sur les bénéfices et charges financières de la dette. La limite de l’endettement supportable se situera donc à 2,5 fois l’ EBITDA.

Ratios de capacité de remboursement : Dettes financières / Cash flow inférieur à 4 ou Dettes financières /EBITDA inférieur à 2,5.

Quel lien avec le PIB?

Le PIB est la somme des Valeur ajoutées de toutes les entreprises installées sur le territoire français. C’est en fait la somme des chiffres d’affaires réalisés en France en déduisant les double emploi c’est à dire ce qui est facturé à d’autres entreprises et revendu par elles. Une dette financière de 65% du PIB serait avec une marge moyenne d’exploitation de 25% au delà de 2,5 fois l’EBITDA de l’ensemble des entreprises et présente donc un risque non négligeable de non remboursement (défaillance).

 

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