L’EUROGROUPE enfonce encore un peu plus la Grèce.

Au prétexte d’accorder à la Grèce un assouplissement (très léger) de sa dette, l’Eurogroupe (les Ministres des Finances de la zone euro) exige des contreparties qui plongent encore un peu plus la Grèce dans l’austérité.

Un allègement très léger de la dette.

La dette grecque s’élève à 315 milliards d’euros en 2016 soit 180% du PIB. Pas question cependant de toucher au montant nominal de la dette. Seules des mesures techniques bien limitées sont envisagées et n’exigeront pas un gros effort des créanciers. Tout d’abord un allongement de la maturité (durée moyenne) de la dette du second plan d’aide (qui porte environ sur la moitié de la dette) qui passe de  28 ans à 32 ans, ce qui revient à reporter à plus tard les échéances les plus proches mais augmente le coût de la dette. Ensuite une action sur les taux d’intérêts des 42 milliards prêtés aux banques grecques qui seront transformés de taux variable en taux fixe, là encore le coût va augmenter , les taux fixes à long terme étant supérieurs aux taux courts. Enfin un renoncement à la hausse des taux prévus sur une partie du second plan d’aide , hausse qui aurait entraîné un surcoût de 200 millions d’euros.

Des contreparties qui plongent encore plus le pays dans l’austérité.

De nouveaux impôts vont être appliqués à hauteur de 1,07 milliards d’euros. Des réductions de dépenses publiques seront aussi engagées pour 5,7 milliards :  réduction des aides sociales, des effectifs de la fonction publique, réforme du droit du travail pour faciliter les licenciements économiques.

La Grèce est condamnée à l’austérité perpétuelle. La Grèce devra donc quels que soient ses efforts poursuivre le remboursement intégral de sa dette colossale, et avec 180% du PIB il lui faudrait 40 années d’excédent budgétaire à 2% pour la ramener à un niveau plus raisonnable de 100% du PIB. Sachant que pour 2015 et malgré toutes les mesures déjà prises le déficit public reste supérieur à 7% du PIB (7,2%). Autant dire que l’excédent budgétaire n’est pas pour demain et qu’au contraire la dette va continuer à augmenter probablement au delà de 200% du PIB.

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Une vision erronée de l’Eurogroupe qui s’ obstine dans l’ application du remède.

Jusqu’à présent les réformes imposées par l’eurogroupe ont surtout conduit à une baisse considérable du PIB grec. Celui-ci est encore inférieur de 25% à son niveau de 2009, et après une légère amélioration en 2014, il a de nouveau reculé en 2015 (-0,2%) et devrait encore reculer en 2016 (-0,3%). La FRANCE n’a pas sauvé la Grèce pas plus qu’elle n’a « facilité » la fin des mesures d’austérité pour les peuples, sa voix ne s’est pas faite non plus entendre dans les dernières exigences de l’ eurogroupe pour encore un peu plus d’austérité, de récession , de chômage et de désespérance.

Seule une réduction très important de la dette grecque conjuguée à des investissements massifs pour la reconstruction économique du pays peuvent permettre de maintenir la Grèce dans l’euro et redonner de l’espoir à un peuple qui n’en a que trop perdu et finira sans doute si rien n’est fait par se lasser.

 

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