Le mirage du plein emploi.

Tous les pays regardent aujourd’hui avec attention leur taux de chômage et ceux qui sont les plus bas sont regardés  aussi comme ayant réussi leur sortie de crise. Pourtant dans ces pays vertueux, le taux d’emploi s’est amélioré mais la pauvreté s’est accentuée, et les emplois ne sont bien souvent que des emplois à temps partiels, qui obligent les salariés à en occuper plusieurs. c’est la cas en Allemagne et aux Etats Unis. Alors , le plein emploi est-il l’objectif qu’il faut maintenir et donc tout faire pour inverser la courbe du chômage?

L’emploi n’est pas le but.

En effet, l’emploi n’est pas le but mais le moyen de créer de la richesse, et ce qui fait la force d’un pays et le bien être de ses citoyens, c’est sa capacité à produire de la richesse, et par là à satisfaire les besoins vitaux de ses habitants, avec des revenus satisfaisants, des prestations sociales suffisantes, des infrastructures adéquates, et un service public à la hauteur des attentes des citoyens. Au lieu de rêver de voir s’inverser la courbe du chômage, il serait plus judicieux d’inventer de nouvelles formes d’actions (travail et création de richesses), au delà de la seule création d’emplois, qui enrichiront globalement le pays et lui permettront de satisfaire pleinement les aspirations de sa population.

Il s’agirait de créer de la richesse sans détruire l’environnement, créer de la richesse sans exploiter les plus faibles, créer de la richesse sans épuiser les ressources vitales (eau, forêts, paysages…), créer de la richesse sans nécessairement accroître les emplois industriels, créer de la richesse en s’accomplissant dans le sentiment de reconnaissance de l’action individuelle ou collective.

Ainsi, si l’on admet que l’emploi n’est pas le but, les robots et les technologies qui nous remplaceront dans les entreprises industrielles ne sont pas nos ennemis , mais nous aideront à produire mieux et plus de richesses en remplaçant des emplois non qualifiés,pénibles,répétitifs, ou même inhumains.

Déconnecter le revenu de l’emploi.

Jusqu’à présent le revenu est essentiellement lié à l’emploi, et ceux qui sont sans emploi n’ont bien souvent pas de revenu. Si le but est la création de richesse par la participation et non par l’emploi, il faut donc lier le revenu à l’apport de richesse sous toutes ses formes : celle obtenue par le travail, mais aussi par les soins apportés à l’environnement, la santé,l’éducation,la connaissance, le bien être…

Consommer ou investir?

Créer de la richesse ce  n’est pas consommer mais investir. En effet si la consommation utilise ou transforme des biens pour un usage immédiat elle est plutôt destructrice de valeur par opposition à l’investissement (ou à la production) créateur de valeur. La consommation n’en est pas moins indispensable car elle vise à la satisfaction des besoins individuels et collectifs et de production. Dans notre société actuelle la consommation notamment des ménages est souvent le moteur de la croissance. Pour créer de la richesse ne vaudrait-il pas mieux consacrer ses revenus (ou une part de ses revenus) à investir. L’investissement est lui une dépense immédiate effectuée dans le but de créer des revenus futurs (la richesse future). Il serait donc judicieux d’inciter les citoyens à investir plutôt qu’à consommer.

Capital ou revenu universel.

Pour investir il faut des capitaux soit des moyens financiers pour régler la dépense d’investissement. On peut favoriser la participation à la création de richesse par la détention du capital , comme par la création d’emploi. C’est d’ailleurs la situation actuelle des entreprises où la richesse est produite par le travail (les salariés) mais aussi par le capital (les actionnaires). L’un ne va pas sans l’autre, sans actionnaire pas de capital et donc pas d’entreprise car pas d’investissement possible, et sans salariés ou producteurs pas d’activité et pas de revenus, pas de richesse produite. Dans une perspective où la société du plein emploi est à réinventer et probablement illusoire , ne serait-il pas opportun d’offrir à chacun la possibilité soit d’occuper un emploi, soit de participer aussi à la création de richesse par l’apport en capital.

Plutôt que d’attribuer à chaque citoyen un  revenu universel qui risque de favoriser la démobilisation et l’assistanat, il faut réfléchir à l’attribution d’un capital universel (50 000 euros par exemple) que chacun pourrait soit investir par lui même, soit investir dans une société commune dont la mission serait de développer les infrastructures, les nouvelles technologies, les nouvelles industries émergentes..Une nouvelle forme d’actions pour la création de richesses est à inventer, complétant par les apports en capital de chacun, la richesse produite par le travail. Le détenteur d’un emploi étant rémunéré pour son travail, et le détenteur du capital rémunéré pour son investissement.

L’injustice la plus criante aujourd’hui vient plus de l’héritage (le capital) que des revenus (le travail).Une redistribution de la richesse nationale par l’attribution égalitaire d’un capital universel réduirait sans doute les inégalités actuelles.

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