Les créanciers publics de la Grèce ont pensé d’abord à eux.

Depuis 2010 la Grèce a reçu 220 milliards d’euros, mais cet argent n’a pas été utilisé pour sortir la Grèce de la crise , mais surtout pour permettre aux créanciers de retrouver leur mise et recevoir des intérêts faramineux. En effet les 220 milliards ont été utilisés en majorité pour régler 53,5 milliards d’intérêts, 35 milliards pour les banques grecques, et 95 milliards pour rembourser les créanciers privés …

Le refus de renégocier la dette grecque montre l’aveuglement de la troïka.

Au lieu de sortir la Grèce de la crise, les  programmes d’austérité l’ont coulée : le PIB est passé de 320 milliards en 2009 à 215 milliards en 2014 (-33%).

L’objectif de la troïka ( BCE, FMI,UE) est clairement de faire plier la Grèce pour asseoir leur pouvoir sur les gouvernements de la zone euro, et non de l’aider à sortir de la crise, car alors pourquoi refuser une renégociation de la dette qui de toutes façons est insoutenable, ne pourra être remboursée en l’ état sauf avec de nouveaux prêts pour rembourser ceux venant à échéance et entraîner de nouvelles baisses du revenu national (PIB).

Quelle que soit l’issue du référendum de dimanche la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette.

La Grèce est aujourd’hui largement surendettée et les intérêts de la dette représentent près de 10% du PIB, c’est comme si la France avait à payer chaque année 210 milliards d’intérêts sur sa dette quatre fois plus qu’aujourd’hui. Dans de telles conditions un nouveau programme d’austérité ne ferait que réduire encore le revenu national. Ce n’est pas d’ailleurs  une augmentation de  10 points de la TVA sur les hôtels et le tourisme qui va améliorer la compétitivité de la Grèce, pas plus que la hausse de la TVA sur l’électricité…

Des réformes ont été faites et certains ont déjà payé un lourd tribut.

Ainsi les effectifs des fonctionnaires ont été réduits de 25% depuis 2009. Le chômage représente 26% de la population active (60% pour les jeunes) et le taux de pauvreté atteint 25%, et c’est l’ église qui joue le rôle d’amortisseur social. Les pensions des retraités ont diminué d’un tiers de puis 5 ans et la troïka veut encore réduire la prime de 480 euros accordée par l’ état aux retraites modestes à 320 euros, qui donc peut vivre avec une telle somme…

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Le problème est bien évidement la vigueur de l’économie et le vieillissement de la population : il y a en Grèce 3,5 millions d’actifs, 1,5 millions de chômeurs et 2,6 millions de retraités soit 1 actif pour 1,2 inactif…Les retraites moyennes sont passées de 1350 euros en moyenne en 2009 à 833 euros en 2015. Malgré cela le poids des retraites dans le PIB reste très élevé (18%), La seule solution est donc de relancer l’économie pour redonner de la croissance au pays et réduire le poids de la dette, des retraites et de la fonction publique. A l’opposé des exigences du FMI.

Il est temps que les créanciers de la Grèce pensent enfin à ce qui sortira le pays de la situation actuelle mêmes’ils doivent perdre une partie des fonds prêtés. Même si la Grèce a fait des erreurs et a dépensé sans compter, c’est aussi parce qu’ on leur a laissé croire qu’ils pouvaient s’endetter à faible coût et avec une monnaie unique recherchée par les investisseurs. Ceux-ci et les banques en particulier ont réalisé des opérations juteuses d’emprunts et prêts grâce à la BCE : emprunt aujourd’hui à 0,25% l’ an auprès de la BCE et prêts aux pays périphériques de la zone euro de 3 à 10%. Dans le même temps les fonds structurels européens ont été versés sans contrôle donnant aux grecs l’impression que l’argent coulait à flots.

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2 réponses à Les créanciers publics de la Grèce ont pensé d’abord à eux.

  1. Cédric M dit :

    Tout est tellement vrai… J’ignore si l’économie grecque se remettra un jour de cette impasse…

  2. Arthur dit :

    C’est juste, voilà un excellent résumé de la situation et vous faites bien de rappeler également que si la Grèce en est là aujourd’hui, c’est également parce qu’elle a fait des erreurs par la passé (que les citoyens actuels ont la lourde tâche d’assumer…)

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