VIVENDI réduit fortement sa dette en cédant des actifs.

Le Groupe VIVENDI a finalisé la cession de 85% de ses titres de participation dans ACTIVISION  BLIZZARD sa filiale de jeux vidéo,  pour réduire sa dette financière et retrouver plus de marge de manœuvre financière. Il négocie aussi la vente de MAROC TELECOM.  Cette cession d’actifs va réduire fortement les besoins de capitaux du groupe : Immobilisations et BFR, et donc les capitaux investis dont la rentabilité était réduite.

Près de 10 milliards d’euros de réduction de dette.

En cédant ces actifs pour  9,9 milliards d’euros le groupe réduit d’autant son endettement financier qui s’établissait à 17,4 milliards au 30 Juin 2013 pour des capitaux propres de 21,4 milliards soit un gearing de 81%. Mais c’est surtout la rentabilité de ses actifs qui posait sans doute  problème pour les actionnaires principaux ( Bolloré, Black Rock, Société Générale, Amundi ). La priorité reste la création de valeur pour les actionnaires (dernière phrase du communiqué du Président du Directoire).

Les capitauxdanslentreprise

Génération de cash comme priorité.

Dans un environnement difficile et des marchés fortement concurrentiels, le résultat opérationnel (EBITDA) est en baisse notamment pour SFR. Alors, avec un coût moyen de l’endettement de 3,30%, la réduction de la dette permettra d’améliorer le résultat courant de 330 millions d’euros et le résultat net près de 300 millions, ce qui permettra de redresser sensiblement la rentabilité actionnariale qui stagne aujourd’hui à 6%.

Un free cash flow insuffisant pour rembourser la dette et verser les dividendes.

Le cash flow annuel opérationnel de 1,6 milliards est impacté par des investissements courants ( CAPEX : Capital Expenditure) de 1,4 milliards soit un free cash flow de 0,2 milliard, largement insuffisant pour verser les 1,3 milliards de dividendes aux actionnaires et encore plus pour rembourser la dette financière. Sans les cessions d’actifs, la dette aurait augmenté de 4 milliards…

La grande équivalence bis

Pour se financer VIVENDI utilise les obligations et le billets de trésorerie.

Avec une dette financière répartie à 60% en obligations et un programme de billets de trésorerie de 5 milliards d’euros dont le coût de financement se situe à 0,20% l’an, VIVENDI maintien une dette de maturité moyenne de 4 ans pour un coût moyen de financement de 3,30% l’an.

Les billets de trésorerie : financement à court terme (- 1 an) des grandes entreprises.

Pour leurs besoins de trésorerie , les grandes entreprises ne font pas appel aux banques, elles se financent sur le marché monétaire en émettant des billets de trésorerie, comme le font le L’Etat avec les bons du Trésor et les banques avec les certificats de dépôts. Ces billets de trésorerie, titre de créances négociables sont émis pour une maturité le plus souvent de trois mois et sont ensuite renouvelés à l’intérieur d’un programme de billets de trésorerie (enveloppe définie annuellement) qui constitue en réalité une ligne de crédit revolving.

L’avantage de ce mode de financement par billets de trésorerie est qu’il repose sur le fonctionnement du marché monétaire et que les taux d’intérêts pratiqués sont ceux du marché : Euribor pour la zone euro ou Libor pour les autres, avec des taux directement  orientés par le banques centrales. Ainsi pour de billets de trésorerie d’une durée à l’émission de 3 mois (90 jours), le taux actuel est de 0,20% l’an soit bien moins coûteux que les taux obligataires. L’inconvénient est qu’ils sont remboursables à priori à l’échéance soit au bout de 3 mois, même s’ils sont le plus souvent renouvelés. Les émetteurs (entreprises) doivent donc disposer auprès de leurs banques de lignes de crédit confirmées qui leur permettront de rembourser leurs billets de trésorerie à échéance si le marché monétaire leur était fermé, en plus des lignes courantes. VIVENDI dispose ainsi de 2,2 milliards de lignes de crédit supplémentaires au delà de celles adossées au programme de billets de trésorerie.

Ces lignes étant le plus souvent confirmées pour une durée d’un an, ne peuvent être assimilées à du crédit à long terme et ne doivent donc financer que le bas de Bilan ( BFR : besoin en fonds de roulement) et non les immobilisations ou les acquisitions.

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Une réponse à VIVENDI réduit fortement sa dette en cédant des actifs.

  1. Jean-Marie Pruvost dit :

    VIVENDI aura affecté au 15 Novembre un montant de 3 milliards d’euros au remboursement de sa dette suite à la cession de ses actifs, en procédant au remboursement anticipé d’obligations en euros et en dollars.

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