Depuis déjà plusieurs années (2007), la production automobile mondiale est en surcapacité. Je vous en parlait déjà dans mon post de février 2009 au sujet de la crise : une surproduction encouragée par un endettement excessif et peu coûteux. C’était le cas du bâtiment mais aussi de l’ automobile et les “primes à la casse” n’ont rien arrangé. Le taux d’utilisation des capacités mondiales est aujourd’hui de l’ordre de 80%, de plus, les pays émergents et à bas coût continuent à construire des usines. Dans ces conditions, les usines européennes des pays les moins compétitifs devront fermer.
20% de surcapacité, donc de sur-effectifs.
En Europe depuis 2007 les capacités de production automobile n’ ont pas diminué à près de 25 millions d’unités alors que la demande elle, a chuté de 20%, de 16 à 13 millions d’unités, et dans le même temps la production mondiale n’ a cessé d’augmenter de 73 à 86 millions de voitures produites. Si l’on a pas voulu voir venir la crise de l’automobile, il faut maintenant payer le prix fort des ajustements incontournables, et les pertes d’emplois associées (10 000 emplois pourraient être supprimés chez Peugeot).
Haro sur le baudet…
Peugeot produit encore 40% de ses voitures en France, alors que Renault n’en produit plus que 18%.
- Production mondiale 2011 Production en France %
- Peugeot 3 161 504 1 233 455 40
- Renault 2 443 096 444 862 18
La dernière fermeture d’usine en France remonte à 1992, alors que les constructeurs américains ont fermé 18 usines depuis la crise de 2008. Ne tirons pas à boulets rouges sur le constructeur français qui a maintenu ses usines, mais qui doit aujourd’hui impérativement s’adapter au marché. Il faut des mesures de soutien à la reconversion des sites et à l’adaptation du secteur automobile pour faire remonter les taux d’utilisation des capacités ( 60% en France à ce jour…). Ce n’est pas un soutien à la consommation en France de voitures qu’il nous faut au risque d’accroître les importations, mais à la compétitivité de la production automobile, pour exporter plus et relocaliser les productions à forte valeur ajoutée.

