Comment relancer la croissance?….Il ne suffit pas d’en parler!

Dans un pays la croissance se mesure habituellement (sauf peut être au BOUTHAN) par le PIB Produit Intérieur Brut et son évolution. Au premier trimestre 2012, en FRANCE, la croissance du PIB a été de 0,0% selon l’ Insee et la Banque de France annonce une prévision de croissance pour le second trimestre de -0,1%. Autant dire que la croissance est en panne, mais ça tout le monde le sait…La nouvelle politique économique qui va être menée veut s’appuyer sur la croissance,  et c’est souhaitable pour accroître la richesse et développer l’emploi, mais elle semble surtout compter sur des décisions extérieures et européennes (comme les eurobonds ) qui semblent difficiles à mettre en oeuvre rapidement et qui n’auront qu’un effet réel dans plusieurs années.  Pourtant le temps presse et il serait préférable de relancer d’abord par des mesures nationales cette croissance. Est-ce possible?

Le modèle français qui a marché jusqu’ici, c’est la consommation.

Les composantes du PIB sont multiples et toutes ne peuvent être accrues:

  • Dépenses de consommation des ménages : de loin la plus importante composante 50% du PIB.
  • Dépenses de consommation des APU ( Administrations publiques) : dans le contexte actuel de la Dette publique, il est hors de question d’accroître ces dépenses.
  • La Formation Brute de Capital Fixe : FBCF (les investissements), des ménages, des APU, des Entreprises non financières. Là encore pour les APU la Dette actuelle est un frein majeur et c’est là que les eurobonds pourraient intervenir. Quand aux entreprises, elles n’investiront que si la demande les y incite, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.
  • Le solde du commerce extérieur : Exportations moins Importations. Aujourd’hui ce solde est largement négatif et donc sa contribution à la croissance est négative. Il faut donc impérativement le redresser en limitant les importations (toute mesure comme la “prime à la casse” est donc contre productive…et en développant les exportations, mais là nous dépendons malheureusement  de la croissance des autres pays.
  • Les variations des stocks : elles se compensent d’un trimestre à l’autre et ne peuvent qu’apporter un répit provisoire.
  • La production de biens et de services : biens manufacturés, énergie et services. Cette composante est directement dépendante de la demande globale de consommation. C’est l’autre vision  du PIB.

On le voit clairement dans la situation actuelle des finances de l’ Etat seule la consommation des ménages peut soutenir la demande. Clairement toute hausse des impôts ou des prélèvements sociaux ne fera malheureusement qu’aggraver la situation et ce n’est pas dans ce sens qu’il faut aller. Il serait plutôt souhaitable de réduire la fiscalité mais la situation actuelle du budget de l’ Etat ne le permet pas…. La quadrature du cercle…

Il faut favoriser la diminution de l’ épargne des ménages.

L’ Etat ne dispose pas d’épargne pour relancer la consommation au contraire il est fortement endetté. Les entreprises ( Sociétés non financières) n’utiliseront leur trésorerie pour investir que si leurs capacités actuelles sont insuffisantes (or aujourd’hui les capacités de production sont largement sous employés). Par contre les ménages disposent d’une épargne très importante aujourd’hui investie dans des produits financiers à faible rendement. Les dépôts à vue, à terme et les comptes sur livrets représentent 1600 milliards d’euros ( 555 de dépôts à vue, 510 de dépôts à terme et 520 de comptes sur livrets), sans compter l’ assurance-vie, l’ épargne salariale, les SICAV et FCP. D’autre part le taux d’épargne des ménages est l’un de plus élevé à plus de 16%.

Un coup de pouce de 3%au PIB, c’est 50 milliards d’euros.

Plutôt que de doubler le plafond du Livret A, il faut plutôt inciter par des mesures fiscales, les ménages à augmenter leur consommation et participer ainsi à la croissance de l’ économie, ce qui bien sûr engendrera des emplois et un cercle vertueux de croissance sans endettement. On peut légitimement penser que l’ épargne est destinée à prendre la place des revenus dans les périodes difficiles…c’est donc le moment de l’utiliser. Ce qui n’est pas utile au niveau individuel peut l’être au niveau collectif.

Naturellement cela ne peut se faire sans incitation notamment fiscale à l’utilisation de l’ épargne. Eh bien innovons dans ce domaine : plutôt que de taxer plus fort encore les revenus du capital, exonérons ceux qui sont utilisés pour la consommation : une prime à la dépense. Avec la TVA ou mieux la TGA Taxe généralisée sur les achats (voir billet précédent) même l’ Etat y trouvera son compte.

Pour inciter le ménages à utiliser leur épargne pour augmenter leur consommation : et  au lieu de taxer plus fortement les sorties d’assurance vie avant 8 ans, du PEA, de l’ épargne salariale.. autorisons au contraire les sorties en 2012 de tous les placements financiers sans impôts sur les plus-values, à condition que les fonds soient immédiatement utilisés pour la dépense de consommation ou d’investissement. Au lieu d’augmenter les taux de l’ ISF et les tranches d’imposition sur le revenu, proposons des exonérations si les fonds sont investis dans certaines dépenses qui pourraient relancer l’ économie de notre pays (automobile, logement, équipement…). La difficulté sera sans doute d’éviter que ces dépenses ne favorisent trop les importations et profitent plutôt aux produits fabriqués en France, un ciblage précis sera nécessaire.

Un accroissement des dépenses de 50 milliards donnerait un coup de pouce de 3% au PIB, et l’on considère que c’est à ce niveau que l’emploi augmente. Cela  ne représenterait malgré tout que moins de 5% des encours d’épargne, les livrets ont encore de beaux jours devant eux.

Les recettes de l’ Etat étant indexées sur la croissance (TVA, IRPP,IS, ISF…) nous aurons peut être alors une chance de voir diminuer la Dette publique.

 

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