Que faudrait-il penser d’une entreprise dont les EBITDA et les CASH FLOW seraient négatifs et qui ne prendrait pas les mesures nécessaires pour les redresser? Bien évidement elle court à sa perte, car EBITDA et CASH LOW représentent les flux de trésorerie annuels et lorsqu’ils sont négatifs, l’entreprise non seulement consomme pour son activité plus de trésorerie qu’elle n’en produit, mais n’a aucune ressource pour rembourser sa dette ni pour renouveler son outil de travail.
EBITDA et CASH FLOW : les flux nets de trésorerie.
Dans une entreprise, l’ EBITDA ou L’ EBE excédent brut d’exploitation représente le flux net annuel de trésorerie généré par l’activité, avant même le paiement des intérêts de la DETTE. Le CASH FLOW lui est aussi le flux net de trésorerie mais après paiement des intérêts de la dette et impôts sur le bénéfices’il y en a. Le flux net de trésorerie, c’est à dire le solde entre les recettes encaissées ou à encaisser et les dépenses courantes payées ou à payer. Il s’agit bien là du courant (exploitation) : c’est à dire que ne sont pas comprises les dépenses d’investissement ou de renouvellement de l’outil de travail, ni celles correspondant au remboursement des emprunts. Un EBITDA négatif c’est comme si dans un ménage, le solde des revenus et des dépenses était négatif avant même les remboursements (en capital et intérêts) des emprunts ou des découverts contractés, et avant le renouvellement qui serait nécessaire des équipements du ménage ( voiture, appareils ménagers, logement…). Bien évidement les découverts et les dettes du ménage ne feraient qu’empirer, et celui-ci serait bientôt au bord de la faillite. Il devrait alors se tourner vers des crédits de plus en plus chers pour rembourser les précédents. C’est ce qui se passe pour les pays comme la Grèce, l’ Espagne, L’Italie où les taux d’emprunts ne cessent d’augmenter
mais aussi pour la France si l’on ne revient pas rapidement à une situation d’équilibre budgétaire et même d’excédent. Il faut rappeler que le déficit annuel actuel est à peine inférieur à celui (énorme) des années précédentes: à fin Avril le déficit était de 59,9 milliards d’euros contre 61,4 en 2011. Avec encore près de 100 milliards d’euros de déficit cette année, aucune nouvelle dépense ne peut être envisagée et il faudra veiller à ce que les recettes ne se réduisent pas. Pourtant nos politiques oublient que les recettes de l’ Etat sont indexées sur l’activité des entreprises et la consommation des ménages, toute politique d’austérité et de hausse d’ impôts impactant les revenus réduit mécaniquement les recettes de TVA (consommation), d’impôt sur le revenu et les bénéfices…
Ce n’est pas l’austérité qu’il faut prôner mais l’équilibre des recettes et des dépenses et favoriser le développement de l’ activité.
Une révision complète de l’élaboration du budget de l’ Etat et de la fiscalité.
- Sans une refonte complète de la manière de construire le budget de l’ Etat et de le financer, et même si l’on parvient au prix d’ une hausse des impôts à réduire le déficit budgétaire annuel à 3% en 2013, on ne sera pas en situation de réduire la dette ( cela exigerait de dégager pendant de nombreuses années un excédent annuel…). Il faut donc changer le modèle fiscal.
- D’abord faire voter chaque année par le parlement le montant maximum des dépenses de l’ Etat compte tenu de ses missions : Education nationale, Défense, …sans oublier le service de la dette ( le montant des intérêts à payer). Par exemple : 350 milliards.
- Ensuite déterminer le niveau de recettes nécessaires pour obtenir l’ équilibre budgétaire et si possible un léger excédent : donc 350 milliards.
- Modifier l’assiette de la fiscalité pour ne plus la faire dépendre des niches fiscales, des délocalisations, de l’ évasion fiscale, de la complexité de la taxation. L’assiette doit être la plus large possible, être égalitaire et proportionnelle et indépendante des choix de vie ou d’acquisition (mariage ou union libre, achat de résidence principale ou locative, assurance vie ou pierre)…La dépense (les achats) de chacun peut constituer une assiette large et juste : chacun dépense en fonction de ses moyens : les pauvres dépensent peu, les riches beaucoup. de même que la dépense provienne de revenus du travail, du capital, ou de revenus de solidarité, elle doit être taxée de la même manière.
- Instaurer une taxe sur les achats (la dépense) applicable de manière universelle et quel que soient le type d’achats réalisés ( biens de consommation, d’investissements, financiers…). Le montant de cette taxe est calculé et déterminé par le parlement chaque année en % de la dépense de façon à permettre de garantir l’ équilibre budgétaire de l’ Etat : par exemple 3% en moyenne.
- Cette taxe s’applique à tous les achats réalisés en France qu’ils soient le fait de résidents ou de non résidents, que les biens soient produits en France ou à l’ étranger, qu’ils soient payés immédiatement ou plus tard. c’est le vendeur qui doit percevoir la taxe et la reverser à l’ Etat. La différence avec la TVA : c’est qu’elle n’est pas récupérable (moins d’intermédiaires), beaucoup plus faible en % (moins de velléité de fraude), applicable à tous les biens quelle que soit leur nature ( les importations sont taxées), payée par tous (y compris les étrangers sur le territoire ou ceux qui se sont expatriés fiscalement), appliquée aux transactions financières (les banques sont mises à contribution). Une modulation du taux pouvant être envisagée selon le type de bien acheté (plus faible pour les dépenses alimentaires par exemple ou de première nécessité, plus forte pour les dépenses qui ne sont pas souhaitées ou néfastes).
- Cette taxe remplacera tous les impôts actuels ( TVA, IRPP, IS…) contribuant aux recettes de l’ Etat y compris les cotisations sociales des entreprises (plus de compétitivité pour elles).
A quand le grand chambardement?…



Article (encore) remarquable, de pertinence, pragmatisme, logique.
A quand le courage politique ?
merci,