Mettre en place des euro-obligations européennes alors que l’intégration et la convergence économique des pays de la zone euro, est loin d’être achevée, ne ferait à terme qu’aggraver une situation financière où les bons résultats des pays vertueux seraient anéantis par ceux des plus mauvais. La crise des “subprime”, nous a montré que mélanger des actifs sains avec des actifs pourris ne profite pas au plus mauvais mais contamine les meilleurs.
Euro-obligation ou euro-bonds : de quoi s’agit-il?
En fait il faudrait plutôt préciser euro-obligations souveraines des pays de la zone euro. Une euro-obligation est une obligation ou “bond” (voir les français et l’économie) libellée en euros, celles émises par les pays de la zone euro comme les OAT (Obligations Assimilables du Trésor) françaises comme les BUNDS allemands ou les BONOS espagnols sont déjà des euros-obligations mais avec pour seule garantie la solvabilité du pays qui l’émet. Dans le cas actuel il s’agit de faire émettre ces obligations par un émetteur unique ( par exemple le FESF ou la BEI : Banque européenne d’investissement), dont la solvabilité serait garantie par tous les pays. Les fonds seraient ensuite redistribués aux pays qui en ont besoin ou affectés à des projets de développement communs.
Il est clair que les Agences de Notation et les investisseurs seront plus attentifs à la situation financière des pays en difficulté pour noter ces euro-obligations. Une solution serait que ce soit la BCE : la Banque centrale européenne, qui prête ces euro-obligations, à charge pour le fonds qui les redistribue de mettre en place les conditions et les exigences financières sur les pays demandeurs pour s’assurer de leur solvabilité. Ceci éviterait qu’aujourd’hui la BCE prête à 1% aux banques privées, lesquelles prêtent alors cet argent aux Etats (voir tableau ci dessus) à des taux largement supérieurs. D’autant que quand la BCE prête 1000 milliards aux banques pour retrouver les fonds en dépôt à ses guichets cela n’ a pas beaucoup de sens.
Il faut néanmoins commencer par plus d’intégration.
Et d’abord élargir les critères de Maastricht, l’économie ne se résume pas à l’inflation et à la Dette, elle est faite aussi d’emploi, de compétitivité, de croissance. La convergence doit les prendre en compte. D’autre part il ne faudrait admettre que des dépassements ponctuels assortis d’engagement chiffrés et datés pour revenir dans les clous. L’irresponsabilité des patrons de la BCE, de la Commission européenne, de l’Euro groupe, du Conseil des Chefs d’ Etat, ces dernières années et qui ont laissé déraper de nombreuses économies de la zone, ou fait l’impasse sur les bulles (on peut s’étonner que l’ évolution du prix des maisons ne soit pas pris en compte dans l’inflation) est largement responsable de la crise actuelle. Avant de lancer des euro-bonds, il faut remédier à ce déficit de surveillance et de convergence.

