La GRECE doit-elle sortir de l’euro?

Les commentaires se font aujourd’hui de plus en plus insistants et pressés de voir la Grèce sortir de la zone euro et revenir ainsi à sa monnaie nationale.  Pourtant la plupart de grecs eux mêmes (à près de 75%)  semblent souhaiter un maintien dans l’euro et le fait qu’ils retirent aujourd’hui leur argent en euros des banques montre bien la confiance et l’intérêt qu’ils portent pour cette monnaie. Certes une sortie de l’euro et une dévaluation de la monnaie redonnerait artificiellement de la compétitivité au pays, mais les réformes nécessaires pourraient en  être différées et les ajustements retardés. D’autre part la dette n’en serait que plus lourde et c’est bien le problème actuel du pays qu’il ne faut pas aggraver. Bien entendu la dette extérieure de l’ Etat resterait en euros (capital et intérêts) et ses recettes dans la nouvelle monnaie dévaluée, mais il en serait de même de celle des banques  et des entreprises. Si pour les particuliers on peut envisager une conversion de leurs emprunts, reste à fixer le cours de conversion et le nouveau taux d’intérêt.

Une solidarité européenne nécessaire.

Dans un groupe industriel et commercial la solidarité avec les filiales est le gage de la confiance que les prêteurs accordent au groupe. Nous avons accepté l’entrée de la Grèce dans l’euro, nous devons être solidaires des difficultés actuelles du pays et tout faire pour que celui-ci y retrouve une place honorable et crédible. Envisager une sortie de la Grèce est le signe d’un renoncement et d’une facilité où les autres pays renieraient leurs responsabilités. Certes la Grèce n’est pas sans reproches, mais les autres pays ont bien profité de ses dépenses excessives notamment dans le domaine militaire…

Il faut permettre à la Grèce de revenir à  une situation équilibrée et l’aider à  retrouver la croissance et le développement.

Le premier impératif est de viser pour 2013 un budget en équilibre (hors charge de la dette), pas plus de dépenses que de recettes. Concrètement le gouvernement doit refuser d’engager des dépenses,  si les recettes correspondantes ne sont pas identifiées et encaissées. Un budget primaire équilibré.

Le second est de lutter contre la fraude fiscale estimée à 55 milliards d’euros. Si les mesures engagées permettaient d’en recouvrer seulement la moitié, le budget grec serait dès 2012 en équilibre… Éradiquer la fraude fiscale et engager une gestion rigoureuse des finances publiques.

Le troisième réduire le budget militaire de 10 à 20% au  moins et de geler tous les contrats d’armement. Actuellement à plus du double en % du PIB de celui de la plupart des pays européens, il peut facilement être drastiquement amputé. Réduire les dépenses non indispensables.

Les soutiens décidés doivent être actionnés.

Le tout nouveau MES ( Mécanisme Européen de Stabilité    ) doit prendre en charge le remboursement de la dette de la Grèce, capital et intérêts, et maintenir cette position jusqu’à ce que la Grèce elle-même puisse prendre les relais, d’abord pour les intérêts puis pour le capital. Il est trop tard pour tergiverser et la zone euro doit montrer clairement que son soutien aux pays qui la compose est indéfectible. Le FESF ( Fonds européen de stabilité financière ) dispose de 440 milliards d’euros de garanties déjà disponibles.

C’est à la Grèce de décider des mesures nécessaires pour sortir de la crise et de s’engager à les tenir. Ceux qui voudraient établir une dictature financière en lui retirant le contrôle de son budget oublient que les parlements nationaux sont seuls responsables devant leurs peuples des décisions prises et de leurs conséquences, d’autant plus que ce sont eux (ces donneurs de leçons), qui n’ont pas vu venir la crise de la dette européenne et ont laisser filer les déficits et les bulles ( immobilières, matières de base) tout en prétendant maîtriser l’inflation. La défense de la solidité et de la pérennité de l’euro aurait exigé plus de cohérence dans l’intégration européenne, en prenant les mesures nécessaires pour éviter les dérapages et les dérives des performances économiques des pays de la zone en termes de croissance, d’inflation, d’emploi, de déficits, de compétitivité…Dans le domaine de la maîtrise des écarts de performance économique, leur responsabilité est sérieusement engagée.

Renforcer l’intégration.

Lancer d’urgence le processus d’intégration européenne en respectant l’indépendance des pays, mais en organisant la convergence des politiques économiques, budgétaires, fiscales, sociales, extérieure. On ne pourra retrouver durablement le calme sur les marchés que si un nouveau pas vers la convergence durable des économies de la zone est franchi, avec les moyens de s’assurer de sa permanence dans le temps.

 

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