Une taxe sur les transactions financières sera semble-t-il mise en place en France qu’elle que soit la position des autres pays européens. Dire que les transactions financières sont les seules opérations qui ne soient pas taxées ne reflète pas vraiment la réalité. En ce qui concerne les actions et les obligations par exemple, cela n’a pas beaucoup de sens : on imagine mal dans le contexte actuel de la fiscalité, les achats d’actions soumis à la TVA, car il faudrait alors en permettre la récupération lors de la vente ou l’inverse…Quand aux autres opérations financières : un paiement par exemple, le sous-jacent correspondant (le produit acheté) à déjà lui était soumis à la TVA dans la plupart des cas. S’il s’agit des opérations purement financières disons de spéculation, il suffira de les initier d’un autre pays pour en être dispensé.
La taxe sur les transactions financières : un formidable outil de délocalisation!
Je me demande si je ne vais pas ouvrir un compte en Espagne…ou ailleurs…La mise en place d’une telle taxe n’a de sens que si elle s’applique dans la plupart des pays du monde. Car quoi de plus facile que de délocaliser une transaction financière à l’heure d’internet. Bien entendu une taxe de 0,01% sur les produits dérivés dont l’encours est de plus de 700.000 milliards de dollars, rapporterait 70 milliards de dollars, sauf que la Place de PARIS, ne représente pas plus de 1% des opérations et si cette taxe devait être appliqué l’ensemble des opérations seraient faites sur d’autres places financières…
Si la compétitivité française s’est dégradée dans l’industrie, c’est bien parce que les prélèvements sociaux sur le travail (les salaires) ne font qu’augmenter d’année en année. L’instauration à titre individuel d’une telle taxe ne fera que développer la délocalisation des mouvements financiers et bien entendu des « fortunes » ou patrimoines à l’origine de ces opérations. La Suède qui l’avait instauré a depuis fait marche arrière face à la délocalisation des activités financières vers la City. On a dépensé des dizaines de milliards en niches ou boucliers fiscaux pour tenter d’ éviter le départ des fortunes, et on le favorise aujourd’hui. Un peu de cohérence…par pitié.
La taxe sur les transactions financières : pour quoi faire?
Il semble que cette taxe soit d’abord une question de morale suite à la crise financière actuelle, largement de la responsabilité des banques et de la « finance » non régulée. Ce serait donc une taxe contre la spéculation. Quand on pense que les Banques centrales de certains pays exposés à la spéculation sur leurs devises devaient porter les taux d’intérêts à plus de 500% pour tenter de la dissuader ( souvenez-vous de la Suède dans les années 90), on ne peut que se tordre de rire devant une taxe de 0,01%! Quel spéculateur qui espère un gain de plus de 10% va reculer?
L’arbre qui cache la forêt.
Parce que l’on a pas voulu ou pas pu mettre en oeuvre une régulation plus contraignante du système financier et des banques pourtant indispensable, on va distraire le peuple avec la taxe sur les transactions financières. Cela ne réduira en rien les 700.000 milliards de dollars d’encours de produits dérivés qui contribuent à déséquilibrer le financement des dettes souveraines. Une taxe qui sera de toute façon répercutée sur les Etats emprunteurs dans le taux d’intérêt exigé d’eux. C’est comme se tirer une balle dans le pied…
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