NON : Le défaut de paiement de la Grèce ne serait pas une catastrophe.

Bien au contraire, il est URGENT que la Grèce fasse défaut, car en voulant à tout prix (celui surtout payé par les Grecs), sauver la Grèce, les autorités de la zone euro ont laissé planer le doute sur la perennité de l’euro lui-même, et sur un possible besoin de sauver aussi l’ Italie, le Portugal et l’ Espagne!

Il n’y a aucune raison pour que la défaillance de la Grèce pénalise la zone euro.

Pas plus que la faillite d’une ville ne mets en péril le pays tout entier, le défaut de paiement de la Grèce ne doit rejaillir sur la monnaie unique. Bien au contraire, c’est en voulant se subtituer à la Grèce et aux autres pays en difficulté dans le remboursement de leur dette, que la zone euro se fragilise. Tout comme la crise des « subprime » a rejailli sur les banques, puis sur les Etats qui ont voulu se substituer aux banques pour rembourser leurs engagements excessifs ( L’Islande en particulier). Nous ne pouvons plus et nous ne devons plus sauver la Grèce du défaut de paiement. Si celle-ci ne peut rembourser les échéances de sa dette, il faut en prendre acte et constater le défaut.  Lorsqu’un ménage est surendetté, on demande aux prêteurs d’ accepter une réduction ou un étalement de la dette, mais jamais aux voisins, ou à la famille d’ être solidaires et de rembourser la dette. Ce sont aujourd’hui ceux qui ont prêté sans discernement à la Grèce (les banques, et la banque centrale) qui bien entendu voudraient que la terre entière et surtout la zone euro soient solidaires de la dette Grecque, ils ont en effet tout à y gagner ou plutôt à ne pas y perdre. Tant pis pour eux il va falloir passer les provisions nécessaires et suffisantes pour prendre acte de la situation réelle du pays auquel ils ont, moyennant des taux d’intérêts conséquents, prêté sans être trop regardant  sur la situation économique et financière du pays.

Il n’y a aucune raison pour que la défaillance de la Grèce pénalise la monnaie unique : l’euro.

Lorsqu’une ville est en cessation de paiement, cela ne remets aucune ment en cause la monnaie du pays, qui bien évidement n’est pas gagée sur les recettes de cette ville, mais sur les réserves de la banque centrale  et la situation économique du pays tout entier. Il en est de même pour la Grèce, la monnaie unique n’a rien à voir avec l’endettement de la Grèce, ni avec son déficit budgétaire, mais sa solidité résulte bien plus des réserves de sa banque centrale la BCE, et de la puissance économique des pays de la zone euro.

Un état de cessation de paiement.

La faillite d’un pays est la conséquence comme pour une entreprise d’un état de cessation de paiement : c’est à dire que les dépenses déjà engagées (y compris les échéances de la dette) excèdent les recettes potentielles, et le niveau de la dette est tel qu’il n’est plus possible de souscrire de nouveaux emprunts ( plus personne d’ailleurs ne veut prêter d’argent). C’est le cas de la Grèce : le déficit public a atteint en 2010 18% du PIB (PIB autour de 230 milliards d’euros) et pourtant entre 2003 et 2010 le PIB a plus que doublé grâce à une augmentation de la consommation anormalement forte financée par l’endettement privé et public. Les jeux olympiques d’ Athènes en 2004  y ayant fortement contribué : le coût initial prévu à 1,3 milliards de dollars a finalement atteint 14,2 milliards de dollars…Les dépenses publiques sont comparables en % du PIB à celles des autres pays de l’union européenne, mais les recettes sont beaucoup lus faibles à cause de la fraude fiscale qui est estimée à 55 milliards d’euros!… : 24% du PIB.  Il y a donc en Grèce plus un problème de recettes qu’un problème de dépenses et ce ne sont pas les salariés du secteur privé ou public qui sont en cause (car ils payent 74% du total des impôts…). La première priorité est donc d’équilibrer les recettes et les dépenses c’est à dire ramener le déficit public à zéro en éradiquant l ‘évasion fiscale, puis de reporter les échéances proches de remboursement de la dette (2011, 2012 et 2013) à l’horizon de la publication des lois et décrets permettant une forte réduction de la fraude. En acceptant le défaut de paiement, on soldera le passé sans obérer l’avenir, en le refusant ce sera l’inverse…

Le rachat d’obligations grecques par le BCE : une erreur grossière.

En rachetant des obligations grecques, la BCE a non seulement permis aux spéculateurs de s’en sortir à bon compte, dispensé les banques de passer les provisions nécessaires en cas de défaut, mais aussi alourdi son bilan inutilement. Il aurait sans doute été préférable que la BCE refinance directement les prochaines échéances de remboursement de la dette grecque lui évitant ainsi le risque de défaut. Malheureusement ce sera plus difficile aujourd’hui, et la BCE risque de continuer à s’opposer au défaut pour ne pas enregistrer de pertes dans son bilan.

L’ effet domino : un chiffon rouge agité pour forcer l’ Europe à soutenir la Grèce.

En dehors des banques grecques qui bien sûr subiraient de plein fouet la perte de valeur des obligations grecques, le défaut grec ne devrait pas entraîner celui de l’ Italie, du Portugal ou de l’ Espagne. Le budget de ces pays est complètement indépendant de la situation de la Grèce. D’ailleurs à l’inverse, un soutien inconditionnel à la Grèce, ne réduirait pas leur risque de défaut, si ce n’est de penser que la zone euro a la capacité et la volonté de soutenir coûte que coûte tout pays défaillant qu’elle qu’en soit l’ ampleur. On en est loin…

Un relais ponctuel de la BCE vis à vis des Etats en difficulté de paiement.

La solution la plus simple, la moins coûteuse et la plus efficace, est que la BCE cesse d’acheter des obligations souveraines sur le marché et même se propose d’en revendre (même avec une décote) et prête aux pays qui en auraient besoin (comme elle le fait chaque semaine pour les banques à travers ses prises en pension), les fonds nécessaires pour leur permettre de tenir leurs échéances de dette. Il suffit ainsi de 8 milliards d’euros pour la Grèce pour passer les échéances d’ Octobre, et ensuite de l’ordre de 30 milliards par an. La dette totale est de 350 milliards échelonnée sur 30 ans, c’est largement à la portée de la BCE. Dans le même temps, il faut continuer à exiger des pays concernés la mise en place des mesures de réduction des déficits publics et d’équilibre budgétaire. Avec cet engagement de la BCE (et tant pis s’il faut changer les statuts, on l’a déjà souvent fait), personne ne pourra plus spéculer sur la défaillance d’un pays de la zone euro, les positions vont se retourner et la situation se normalisera très vite.

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2 réponses à NON : Le défaut de paiement de la Grèce ne serait pas une catastrophe.

  1. LARDINOIS Jean-Marie dit :

    J’ai accompli une grande partie de ma carrière -au service d’une société-mère belge bien entendu- et je suis titulaire d’une pension de retraite de l’IKA grec. Je n’ai plus encaissé de mensualité depuis le mois de septembre 2012 : je suis en rouge à la banque et je paierai des intérêts débiteurs… Jusqu’à quand cette situation pourrait-elle perdurer ?

  2. Jean-Marie Pruvost dit :

    Bonjour Le système de retraite grec étant en grande difficulté et ayant payé indûment des retraites a des personnes décédées s’est engagé à revoir la liste des ayants droits. Peut être a-t-il rayé d’office ou cessé les paiements en attendant une réaction…Je pense qu’IKA ne reprendra les paiements que quand il aura éclairci la situation.

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