L’inflation représente le niveau de baisse de la valeur durable de la monnaie d’un pays. Elle est mesurée par les variations des prix à la consommation des biens et services, évaluées par l’indice des prix à la consommation (IPC).
Si l’inflation constate la perte de pouvoir d’achat consécutive à la hausse des prix, sa mesure est concentrée sur l’évolution des prix à la consommation et fait l’impasse sur celle de nombreux actifs ( immobilier, titres, patrimoine, matières premières…).
De fait les écarts d’ évolution des prix sont considérables même sur longue période! Ainsi :
- L’indice du coût de la construction est passé de : 939 en 1990 à 1508 en 2010 soit +60%
- L’indice des prix des logements anciens de : 81,9 en 1996 à 196,5 en 2010 soit 2, 4 fois plus.
- Le prix du pétrole de : 20 dollars à 100 en 2010 soit 5 fois plus.
- Le prix de l’or de : 400 dollars l’once à 1300 e 2010 soit 3,25 fois plus.
- Le CAC 40 ( valeurs françaises) de : 1800 points en 1991 à 4000 en 2010 soit 2,2 fois plus.
- Le SMIC horaire de 4,98 euros en 1991 à 9 euros en 2010 soit + 81%….
- ET l’inflation cumulée d’un indice de 1712 en 1990 à 2408 en 2010 soit …seulement plus 41%….On ne peut pas dire que celle-ci mesure correctement la hausse des prix…et surtout pas celle des actifs financiers ou non, constitutifs d’un patrimoine.
Il faut dire que cette situation arrange bien du monde depuis les gouvernements des pays concernés par l’inflation, aux banquiers centraux censés maîtriser la hausse des prix et gardiens de la valeur ( pouvoir d’achat) de la monnaie…Et même les rentiers sont satisfaits puisqu’ à l’inverse des périodes anciennes de forte inflation où leurs actifs perdaient inexorablement de leur valeur, cette fois ils en prennent bien plus que l’inflation mesurée par les indices. Tout le monde est content…sauf peut être ceux qui ont l’intention de se constituer un patrimoine et qui voient sans cesse leur objectif s’éloigner ou devenir inaccessible, ainsi d’un ménage primo accédant à la propriété…
Les grands argentiers se sont ainsi donné à bon compte un satisfecit pour leur action sur l’évolution des prix et il est criant de remarquer que dans les indicateurs retenus ce week end par le G20 pour constater les déséquilibres mondiaux, l’inflation est étonnament absente…Un problème définitivement réglé?…Compte tenu de l’objectif fixé par la BCE à 2% soit sur 20 ans un maximum de 48% de hausse, ils ont effectivement réussi! Sauf que cette réussite se limite au panier de la ménagère…et non à de nombreux actifs!
Une petite video éditée par la Banque Centrale Européenne : “l’inflation pour les nuls par la BCE” nous explique que c’est en limitant la quantité d’argent en circulation et en agissant sur les taux d’intérêt qu’on maîtrise l’inflation, mais que le spectre de la déflation est tout aussi menaçant…On croît rêver quand on pense à la politique de “quantitative easing ” mise en place par les banques centrales des pays développés…IL est en tout cas certain et cela devrait nous effrayer…que la BCE a bien une grande peur de la déflation aujourd’hui!…Une situation à la japonaise.
L’inflation : le panier de la ménagère.
Le calcul de l’évolution des prix se base sur un ensemble représentatif de la consommation moyenne des ménages français, plus d’un milliers d’articles allant des produits alimentaires, aux transports, loyers, santé, loisirs…C’est ce qu’on appelle le panier de la ménagère…Sa composition est modifiée chaque année pour tenir compte des changements de consommation et de produits proposés à la vente en fonction de l’évolution technologique. Néanmoins il ne s’agit que d’une moyenne concernant les produits les plus souvent consommés par le maximum de gens. Certains comportements de consommation peuvent donc s’écarter significativement de cette moyenne.
Un indice des prix individualisé.
L’ INSEE a mis en place depuis 2007 un simulateur de calcul d’un indice individuel reposant sur 12 postes de dépenses comme le loyer, l’alimentation, les transports, l’énergie… que chacun peut moduler selon sa propre répartition de dépenses. Ainsi pour le loyer qui représente 5,9% des dépenses de l’indice, 60% des ménages qui sont propriétaires ne paient pas de loyer, alors que les locataires y consacrent souvent plus de 20%.
D’autres comme E.LECLERC et le BIPE ont calculé un indice de pouvoir d’achat selon la situation familiale.
Pour autant seul l’indice officiel est utilisé pour déterminer l’évolution des salaires, des retraites, des rentes…
Une impasse sur le prix des actifs.
L’indice ne prend pas en compte le prix des biens qui ne sont pas immédiatement consommés comme l’immobilier par exemple. Ainsi la hausse des prix des logements n’a aucune incidence sur l’indice et n’ impactera donc pas immédiatement le coût des loyers. Il en est de même pour la constitution de l’épargne en vue de la retraite ou la constitution d’un patrimoine financier, ou l’acquisition d’un fonds de commerce ou encore l’acquisition de biens (terrains, constructions, matériels) pour s’installer ou développer son activité.
Un indice corrigé des variations saisonnières et un indicateur d’inflation sous-jacente (ISJ).
Un indice d’inflation sous-jacente excluant l’évolution des tarifs publics et des produits à prix volatils est censé refléter la tendance réelle de l’évolution des prix, compte tenu des hauts et des bas des prix des matières premières et des produits frais par exemple.
Se concentrer sur le budget de consommation courante pour estimer l’inflation et orienter les politiques monétaires des banques centrales, est faire bien peu de cas des ambitions des ménages en matière de projets d’investissements, de choix de vie, de résidence, ou de constitution de patrimoine. Cela conduit aussi à laisser se constituer des “bulles” sur les prix des actifs qui ne sont pas contrôlés, et entraîner des déséquilibres qui seront très longs à corriger. On peut donc souhaiter qu’au delà des indicateurs retenus par les financiers du G20 pour surveiller ces déséquilibres ( dette et déficits publics, taux d’épargne et endettement privé, balance commerciale et flux d’investisements), les prix des actifs et leur évolution soient aussi surveillés par les banques centrales et intégrent leurs objectifs à maîtriser.


Bonjour,
je ne trouve pas l’immobilier dans la liste des biens à la consommation. Vous avez dû oublier le champ. Merci.
Bonjour Nicolas, dans l’indice des prix à la consommation, l’ évolution des prix de l’immobilier ne figure pas, car le logement acheté est un actif du patrimoine et représente un investissement durable. Ce sont les loyers, représentatifs des logements consommés ( loués), qui impactent donc l’indice des prix. Si le prix des logements augmente plus vite que les loyers, cet écart n’est pas pris en compte. Et même si le consommateur l ‘intègre dans sa perception de la hausse des prix, pour l’Insee, la BCE, les économistes…la hausse du prix des logements n’est pas considérée comme de l’inflation…Hélas…
L’argumentation qui explique que l’immobilier n’est pas inclus dans le calcul
de l’inflation car il s’agit d’un investissement (que l’on peut revendre en faisant du bénéfice ) et non pas d’un bien de consommation, est fausse. Tout se consomme (s’achète) et tout se vend avec éventuellement un bénéfice. Le travail se vend aussi, ça s’appelle le salaire. Les salaires devant suivre l’inflation généralisée, ce qui n’est pas le cas, voilà comment le citoyen moyen ne peut plus se payer un appartement décent. Le concept d’indice des prix à la consommation est un sophisme. Il existe un seul indice pour évaluer correctement l’inflation, c’est l’indice des prix, tous les prix. L’argumentation de l’Insee est absolument fausse. Tous les biens ont une durée de vie particulière. La durée de vie d’un logement n’est pas infinie, elle est certainement de plusieurs générations, mais tous les logements sont voués à disparaître un jour, aucune matière physique n’est éternelle. On voit ainsi que l’usage d’un logement entraîne sa destruction. Et si ce n’est pas l’acheteur qui revendra son bien immobilier, ce sera un de ses descendants qui l’aura récupéré via l’héritage. Pour prendre un autre exemple, l’usage d’un sandwich n’entraîne pas sa destruction non plus si vous ne le mangez pas et que vous le revendez cinq minutes après l’avoir acheté. Vous pouvez même faire un bénéfice dessus si vous y arrivez, fabuleux
placement financier ! De cet argument spécieux réside en fait une escroquerie mondiale: Le vol des richesses de la société civile par les banquiers via la création d’intérêts ex-nihilo. Les banques ne prêtant pas leur propre richesse mais la richesse collective, elles perçoivent des intérêts sur des richesses prêtées qu’elles ne possèdent pas. Par ailleurs le risque pour les banques de créditer des comptes bancaires via la création monétaire ex-nihilo est nulle. Les intérêts ainsi créés sont
injectés dans un grand casino mondial géant GAGNANT, appelé “marchés financiers”.
L’espérance des gains est nécessairement positive puisque, de l’argent y est injecté en
permanence via les intérêts créés ex-nihilo. C’est ainsi que les fonds de pension et autres hedge funds font leur beurre. Mais à qui profite le crime ?
Nicolas,
Eh oui c’est la fonction de négociant ou d’intermédiaire qui est rémunérée, comme pour les fruits et légumes, au détriment peut être de la rémunération du producteur, ou du coût payé par le consommateur. Lorsqu’il y a trop d’intermédiaires, les prix s’envolent jusqu’ à ce que la demande devienne insolvable et précipite le tout dans la crise
Au niveau où je le décris, ce n’est pas juste une histoire d’intermédiaire, c’est du pénal.
Au niveau où je le décris ce n’est plus une histoire d’intermédiaire, c’est du pénal.