THOMSON : ou les ILLUSIONS PERDUES.

En publiant  ses résultats 2008 le 10 Mars,  THOMSON a anéanti tous les espoirs de ceux qui espéraient  un redressement rapide de ses résultats.

Un cocktail explosif.

  • Un chiffre d’affaires en baisse de  12,6% à taux de change courant de  4,8 milliards d’euros
  • Une perte nette de 1,9 milliards dont 1,6 de dépréciations d’actifs et de survaleurs
  • Une dette financière nette de 2,1 milliards d’ euros
  • Un cah flow négatif de 591 millions
  • Un Besoin en fonds de roulement qui augmente de 417 millions
  • Des capitaux propres négatifs à -134 millions d’euros après les dépréciations d’actifs

L’engrenage :

Le cash flow négatif de -591 millions et l’augmentation du BFR de 417 millions viennent augmenter la Dette financière qui s’élève à 2,1 milliards d’euros.

Parrallèlement la perte nette de 1,9 milliard réduit à zéro les capitaux propres et fait exploser le gearing (Dettes financières sur Capitaux propres).

La société ne doit sa survie qu’ à une trésorerie positive de 759 millions mais qui va disparaître si le cash flow 2009 est encore négatif ou si les prêteurs exigent le remboursement de la dette.

Pour l’entreprise c’est l’ hallali!

Elle ne respectera pas les covenants prévus sur sa dette :

De ce fait sa Dette  devient immédiatement exigible et la société est au bord du dépôt de Bilan. Les Dirigeants ayant d’ailleurs annoncé la possibilité d’un recours à la loi de sauvegarde.

Un leader pourtant…

Malgré  une très forte position dans la création de contenus et les produits de communication haut débit : THOMSON est leader des modems et passerelles haut débit avec 14,3% de parts de marché, la soicété ne survivra peut être pas à la dépréciation de ses actifs et survaleurs qui a réduit à moins que rien ses capitaux propres et plongé l’entreprise dans le surendettement.

Thomson

Une épée de Damoclès sur beaucoup d’ entreprises.

Les dépréciations d’actifs consécutives aux acquisitions menées à prix fort pendant les phases d’euphorie pourraient conduire à 360 milliards de charges exceptionnelles sur un ensemble de 330 sociétés européennes.

Parmi les goodwill les plus risqués des sociétés cotées françaises, risque calculé par le ratio goodwill sur actifs nets,  on trouve :

  • Bureau Veritas                 569 millions d’euros              366% des actifs nets
  • ALSTOM                        3.767 millions                       170%
  • DERICHEBOURG                590 millions                         164%
  • PUBLICIS                       3.546 millions                        161%
  • SODEXHO                       3.515 millions                       155%
  • DANONE                        12.869 millions                       143%

La valeur des sociétés rachetées au cours des deux ou trois dernières années doit intégrer la forte dégradation actuelle des perspectives économiques. Les tests de dépréciation « impairment tests » vont réactualiser les écarts d’acquisition appelés survaleurs ou goodwill. La réduction de valeur des actifs incorporels se traduira par une baisse significative des fonds propres qui pourraient rendre l’endettement insupportable. Cela se traduira par une rupture des covenants bancaires au risque de voir les banques renégocier les conditions de financement.

Un seul remède : priorité au  cash.

Chez Thomson le flux de trésorerie d’exploitation (cash flow) est négatif de 591 millions d’euros. C’est le cash flow positif qui alimente la trésorerie (le cash) et permet à l’entreprise de rembourser sa dette, de payer ses fournisseurs,  de financer son BFR, de maintenir à niveau les immobilisations…

Seule la préservation de la trésorerie de l’entreprise peut les sauver du dépôt de bilan. Lorsque le cash flow est négatif, cela veut dire que l’entreprise consomme chaque jour sa trésorerie,  et à la fin de l’exercice il ne restera probablement  rien.

La première priorité est donc de rétablir un cash flow positif : c’est à dire avoir des résultats positifs. Il faut donc maintenir ses marges, réduire ses coûts et ses achats. Chez Thomson la réduction des coûts envisagée n’est que de 120 millions d’euros pour un plein effet en 2011.

La seconde priorité est de réduire le BFR (Besoin en Fonds de Roulement ) rechercher les avances clients ou les acomptes, réduire les stocks, faire payer les clients ( en France et en Europe les retards de paiement sont en  moyenne de 14 jours ), réduire les délais d’approvisionnement et de production. Chez Thomson le BFR a augmenté en 2008 de 417 millions d’euros  suite à la réduction des avances clients et au moindre recours à l’affacturage rendu difficile par le niveau élevé de l’endettement.

RETARDSPAIEMENT

Un impact sur les résultats.

Les bénéfices du CAC40 sont attendus pour 2008 en baisse de 40% à 59 milliards d’euros. Les calculs des valeurs des participations ayant été faits sur la base des cash flow attendus sur les 5 ans à venir, en tablant sur une sortie de crise en 2010. Ces dépréciations ne se sont élevées qu’à 25 milliards d’euros, les sociétés ayant sans doute préférer étaler sur 2008 et 2009 ces provisions.

Les dividendes estimés à 37,5 milliards ne sont en baisse que de 8%. Malgré cela les actions restent le placement le plus rentable à long terme puisque sur 20 ans, le rendement annuel moyen est de :

  • Pour les actions françaises (SBF250)                    8,1%
  • Pour l’immobilier (foncières cotées)                       7,7%
  • Pour les Sicav obligataires                                  5,5%
  • Pour l’OR                                                         2,4%
  • Pour le livret A                                                 3,6%
  • Pour l’inflation                                                  1,9%

Selon l’Institut de l’épargne immobilière et foncière au 31 Décembre 2008

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2 réponses à THOMSON : ou les ILLUSIONS PERDUES.

  1. Cédric F dit :

    merci pour ces infos, très intéressant !

  2. Bonjour,
    Merci pour cet article clair et pour ton site facile d’accès
    Merci et bonne continuation

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