Le plan de relance doit-il privilégier l'investissement ou la consomation?
D'abord d'où vient la crise économique ?
Une surproduction encouragée par un endettement massif peu coûteux!
Si l'on regarde les économies espagnole et britanique aujourd'hui les plus touchées, la crise économique provient essentiellement des excés des marchés immobiliers dans les années 2000, avec la formation d'une bulle spéculative qui a éclaté avec la désolvabilisation des ménages acheteurs et la saturation du marché.
Entre 2005 et 2007 l'Espagne a construit deux millions deux cents douze mille logements soit plus que la France, l'Allemagne et l'Italie réunis! D'autant que plus de 80% des espagnols sont déjà propriétaires. En conséquence aujourd'hui le stock de logements invendus atteint près d' un million deux cents mille unités soit 3 à 4 années de ventes…
Dans le même temps l'endettement des ménages a atteint 130% du revenu disponible et la Banque d'Espagne annonce que l'endettement des ménages espagnols a augmenté de 18,5% en 2007 à un niveau record de 832 milliards d'euros.
Voilà pour le batîment, mais il en est de même pour l'automobile!
En 2006 la production mondiale de véhicules particuliers et utilitaires s'est élevé à 69, 258 millions de véhicules pour 67,783 millions de véhicules immatriculés. soit une surproduction de 1,5 millions de véhicules. En 2007 : 73,153 millions de véhicules produits pour 70,461 millions de véhicules immatriculés encore une surproduction de 2,6 millions de voitures! Au même moment, RENAULT voulait vendre en 2009 3,3 millions de voitures soit 800000 de plus et PEUGEOT 4 millions en 2010 soit 700000 de plus. Mais où donc allaient-ils les vendre? La route était pavée pour la crise!
Parking usine à Douai Photo Philippe Gérard
On comprend mieux pourquoi les constructeurs ont mis brutalement leurs usines à l'arrêt et fixé comme première priorité la réduction des stocks!
Si la crise financière nous vient des Etats-Unis, nos économies portaient en elles-mêmes de par les excés de leurs productions, les germes de la crise économique. Encore une fois l'endettement excessif insupportable a mis fin cette euphorie!
Plan de relance ou plan de soutien?
IL est illusoire de penser qu'on va relancer l'économie aujourd'hui, mais il faut la soutenir!
Le redémarrage de nos économies ne pourra avoir lieu que quand les excés auront été corrigés à savoir par :
Une baisse des prix des matières premières : c'est pratiquement fait.
Une baisse des prix de l'immobilier : c'est en cours mais beaucoup reste à faire.
Une réduction des capacités de production : automobile,acier… ça commence seulement.
Une baisse du niveau d'endettement des ménages : ce sera long.
Tout cela pouvait-il être évité?
Les hommes ont une fâcheuse tendance à voir les arbres monter jusqu'au ciel, et cela jusqu'à ce que celui-ci leur tombe sur la tête. Pour éviter les krachs, il faut éviter les bulles et s'appuyer sur les fondamentaux de l'offre et de la demande. La crise des "subprime" a été le déclencheur de la crise financière qui par la situation de crédit crunch engendrée, a stoppé net la spirale de surproduction créée par une demande spéculative de matières premières toujours plus chères!
C'est comme lorsqu'on est en haut d'une échelle et que l'on regarde en bas. Si l'on est pris de vertige : il vaut mieux redescendre!
Investissement ou consomation?
Lorsque l'on doit s'endetter pour soutenir l'activité , il vaut mieux le faire par un soutien à l'investissement, car alors on ne fait qu'anticiper des dépenses nécessaires et génératrices de valeur, plutôt que par la consomation car alors on s'endette sans qu'il reste en face un actif réel. Toute relance par la consomation devrait trouver sa contrepartie dans une recette supplémentaire générée par cette dépense : par exemple la prime à la casse de 1000 euros peut être compensée par l'encaissement de TVA sur le véhicule vendu.
En tous cas il ne faut pas que ces soutiens empêchent les ajustements nécessaires des prix trop élevés et de l'endettement excessif : une aide à l'acheteur est souvent une aide au vendeur qui augmente ses prix dans les mêms proportions…
Aujourd'hui on n'a pas le choix. Il faut soutenir l'économie par l'investissement et la consomation. Comment?
Pour l'investissement : on voit bien les besoins et les possibilités : routes, chemins de fer, ports, logements…
Pour la consomation : il faut privilégier les soutiens qui n'augmentent pas la dette publique à long terme et qui trouvent leur contrepartie dans l'accroissement consécutif des recettes de l'Etat : TVA, Impôts sur les revenus ou sociétés, Droits… Même si cela donne lieu à des achats de produits importés, l' Etat va percevoir la TVA et on aura fait vivre la magasin et le vendeur…
Pour les ménages et les entreprises en difficulté : il faut les aider à se désendetter. L'Etat a aidé les banques, à elles maintenant de soutenir les acteurs économiques en difficulté: il faut empêcher les banques d'utiliser les "covenants" pour refuser ou renchérir les crédits, les obliger à renégocier les emprunts des ménages en difficulté.


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