En EUROS comme en Dollars il y a Milliards et MILLIARDS…
Ce n’est pas nouveau, ni d’aujourd’hui !!!
1- D’abord il y a Dollar et Dollar et ceci est vrai pour toutes les monnaies.
Lorsqu’il existe dans un pays, un contrôle règlementaire de la monnaie, soit en termes de contrôle des changes, des prêts emprunts ou une absence de convertibilité, comme ce fut le cas en France avant 1990 ; la monnaie domestique n’a pas la même valeur que la monnaie détenue par des non résidents.
Il existe donc deux monnaies (deux dollars par exemple) : le dollar domestique détenu par les résidents et échangé dans le pays et un dollar non résident (on parle d’eurodollar ou euromonnaie) détenu et échangé en dehors du pays d’origine. Comme on ne passe pas facilement de l’un à l’autre à cause du contrôle exercé par les autorités, leur « valeur » n’est pas la même !
Ainsi aujourd’hui en RUSSIE lorsqu’une entreprise du pays cherche à emprunter du Rouble, elle va le payer 25% l’an (le taux de la BCR Banque Centrale Russe est de 13%). Et si un non résident cherche à en emprunter à Paris par exemple il va le payer entre 60 et 120% !!!
En ces périodes de crise de liquidité il en est de même y compris pour les grandes monnaies.
Le dollar emprunté aux USA par un résident américain est moins cher que le dollar emprunté à Londres par une entreprise française : l’écart peut être de 200 points de Base soit 6% au lieu de 4% !!!
C’est pourquoi la FED (banque centrale américaine) a passé avec les autres Banques centrales des accords de SWAP (échange d’euros pour la BCE contre dollars) pour faciliter la fourniture de liquidités en dollars pour les Banques commerciales non résidentes aux USA.
2- Ensuite qu’en est-il de tous ces DOLLARS envolés ou de toute cette richesse détruite par l’effondrement des bourses ?
Sur une richesse mondiale de 65000 milliards de dollars (Somme des PIB des principaux pays), l’effondrement des bourses mondiales a réduit de 25000 milliards de dollars la capitalisation boursière des principales sociétés. Ainsi les dix principaux patrimoines familiaux des sociétés cotées à Paris auraient perdu 61 milliards d’euros en 2008. En fait il n’en est rien !
Selon le vieil adage boursier pas vendu pas perdu…mais aussi pas vendu pas gagné !
Lorsque la capitalisation boursière représente 150% du PIB dans les périodes euphoriques ou 50% dans les périodes de déprime, la vraie valeur de l’économie et des entreprises c’est leur VALEUR AJOUTEE : celle qui constitue le PIB.
La capitalisation boursière n’est que la valeur de marché et celle-ci n’est représentative que des opérations achat-vente effectuées qui souvent ne concernent qu’une toute petite partie du capital d’une société.
On voit là toutes les limites de la valorisation au mark to market (prix de marché), qui est celle retenue par les normes IFRS.
Un exemple simplifié : Une société cotée en bourse est détenue par quelques actionnaires qui possèdent 99% du capital et qui n’ont aucune intention de vendre leurs actions cotées aujourd’hui 100 euros. Parmi le 1% restant, un actionnaire qui ne dispose que de quelques actions a absolument besoin d’argent et donc de vendre ses actions. Comme il n’y a pas d’acheteur à un prix raisonnable il décide malgré tout de les vendre à 25 euros et trouve une contrepartie. Le cours de cotation en bourse sera de 25 !!! La valeur ajoutée, les marges, les bénéfices, les dividendes et les capitaux propres de la société n’ont pas changé.
Si l’actionnaire qui a vendu a perdu 75 euros par action (en supposant qu’il les ait achetés à 100), d’une part les autres n’ont rien perdu et d’autre part personne n’a gagné !!!
Ce n’est pas un jeu à somme nulle. Quant l’un perd, l’autre ne gagne pas forcément.
Les milliards ne sont pas envolés ils n’ont jamais existé ! C’est une richesse potentielle et virtuelle qui ne se concrétise pas tant que l’on ne décide pas de la convertir en d’autres actifs.
La richesse mondiale est toujours de 65000 milliards de dollars, même si aujourd’hui la capitalisation boursière n’est que de 40000 milliards. Tout simplement les actions ne sont pas correctement valorisées !
Il en est de même de l’immobilier ! Quelqu’un qui a une maison payée 250000 euros et qui aujourd’hui en vaut 500000 de par la hausse des prix, n’est pas riche de 500000 euros tant qu’il n’a pas vendu. Et si les prix s’effondrent à 300000 il n’a rien perdu !!!
Le drame serait qu’il ait sur la base des 500000 euros pris des engagements qu’il ne pourra plus tenir lorsque les prix retomberont à 300000.
On devine les risques potentiels du viager hypothécaire laissant se créer une génération d’héritiers « subprime » pour qui le montant de la dette de l’héritage serait supérieur à la valeur de l’actif mis en garantie.
3- Enfin Il y a dollars et dollars : des dollars empruntés et reprêtés, des dollars mis en garantie, des dollars transférés d’autres lignes budgétaires, les dollars des autres …
Et finalement très peu de vrais nouveaux dollars injectés dans l’économie.
Entre le plan PAULSON de 700 milliards, le plan OBAMA de 600 milliards, le plan chinois de 586 milliards, le plan Japonais de 150 milliards, l’action de la FED de 800 milliards, le plan de l’Union européenne de 200 milliards et celui de la France de 19 milliards associé à la création d’un fonds souverain de 20 milliards… on se demande d’où viennent tous ces milliards et pourquoi on croyait être sans le sou !!!
Commençons par les 800 milliards de la FED (Réserve Fédérale US) : la mesure concerne le soutien des crédits hypothécaires, des crédits à la consommation et des cartes de crédit. Auparavant les acteurs se refinançaient sur le marché interbancaire ou par titrisation. Comme les marchés de la titrisation ne fonctionnent plus, que la confiance a disparu sur le marché interbancaire, et que les acteurs ont besoin de liquidités, la FED s'est engagée à accepter désormais en gage ces créances en contrepartie des prêts qu’elle accorde.
Aucun dollar de plus dans l’économie ! Seulement des facilités d’emprunt !!!
Le plan de l’Union européenne : 200 milliards dont 170 sont ceux des Etats membres (c’est l’argent des autres et on les compte 2 fois…). Pour la France, le fonds souverain de 20milliards sera alimenté par emprunt : 6 milliards, et apports des titres déjà détenus par l’Etat et la CDC (Caisse des dépôts et Consignations) 14 milliards : aucun argent frais !
Le plan de relance de 19 milliards (1% du PIB) sera composé de baisse de taux de TVA et d’incitations fiscales ou de réductions d’impôt : pas encore d’argent frais injecté dans l’économie française… A moins que ?…
Quant aux plans Paulson et Obama ce seront probablement les mêmes… une partie étant consommée dès maintenant et l’autre après le 20 janvier. Sur la première enveloppe de 350 milliards octroyée par le Congrès américain 320 milliards ont déjà été utilisés pour garantir les créances dites toxiques de Fannie Mae ou Citigroup. Toujours pas d’argent frais !
A tout cela viennent s’ajouter les Garanties données pour les organismes bancaires et leur recapitalisation : en Allemagne 400 milliards de garanties interbancaires, 329 en Grande Bretagne, 320 en France … là encore pas d’argent supplémentaire mais des prêts contre des créances aujourd’hui non refinançables.
En fait les Dettes des Etats vont fortement augmenter en 2008 et dans les années à venir : Le Trésor américain va ainsi lever plus de 250 milliards de dollars d’ici la fin d’année et les pays de la zone euro auront emprunté en 2008 environ 631 milliards d’euros et en emprunterons 765 en 2009 !!! Tout ceci va contribuer à accroître les émissions de titres obligataires et creuser le trou de la Dette Publique.
On tire encore un peu plus sur la planche à billets sans pour autant créer de la valeur…
A moins que l’on ne finisse par se décider à lancer un plan de grands travaux d’infrastructures et de développement qui établira les bases de la croissance de demain.
Ce serait aussi le moment de régler une fois pour toutes le problème du logement en construisant avec les surplus du Livret A (les en cours ont augmenté depuis le début d’année de plus de 10 milliards) 100000 logements sociaux pour les plus démunis et notamment pour les « sans abri ». Après le RSA on aurait le SAR…
On pourrait les appeler les SAR-Cosy ou les SAR-Cosette… et veiller à ne pas sacrifier la qualité ni l’environnement. On augmentera ainsi à la fois le PIB et le Bien être du pays.
SAR : Sans Abri Relogé ou Sans Assez de Ressources ou Sans Abri Réunis…
En conclusion pas beaucoup de nouvel argent, donc pas de véritable forte relance mais le maintien en survie d’une économie en état de choc.
Quelques définitions :
FAIR VALUE : Valeur de marché
Alors que dans la comptabilité des entreprises selon le Plan comptable général, les immobilisations ( biens corporels, incorporels et financiers) sont comptabilisées à leur valeur d’origine (au prix d’achat) et régulièrement amorties (dépréciées), ce qui rend en général très prudente la valeur comptable du bien inscrite au Bilan.
Dans les comptes consolidés des entreprises cotées et selon les normes IFRS, les immobilisations doivent figurer à leur juste valeur (fair value) laquelle est évaluée, lorsqu’elle existe, sur la base de la valeur de marché.
Cette valeur de marché (mark to market) fluctuant au gré des transactions sur les dits marchés (voir l’exemple cité plus haut) et pouvant alors constituer soit une valeur spéculative soit une valeur de liquidation !
Mais la vrai valeur reste pourtant celle de l’actif sous jacent : ainsi pour une société ce sera la somme des cash flow futurs actualisés et anticipés, et pour un bien la valeur de reconstruction diminuée de la vétusté.
VIAGER HYPOTHECAIRE
Lorsque l’on atteint un certain âge il devient difficile d’emprunter, même si l’on dispose d’un capital immobilisé comme une maison.
Bien sûr on pourrait vendre ce capital et en obtenir une rente mais bien souvent on ne le souhaite pas car on voudrait rester dans les lieux.
Alors pour permettre à ceux qui en on besoin de se procurer des revenus supplémentaires sans vendre leurs biens, on a imaginé le viager hypothécaire : sur la base de la valeur de vos biens et avec une certaine décote (40%) on va mettre en place un rente à vie pour le bénéficiaire, et dont la valeur actualisée sera reprise sur la succession.
Lorsque les biens sont en hausse constante il est facile en vendant le bien au décès de rembourser le capital accumulé. Il en est tout autrement si les biens ont été au départ surévalués et difficiles à vendre au décès. Les héritiers risquent alors d’être débiteurs et contraints de refuser l’héritage !!! Un cas de « subprime » transgénérationnel…
